JEE - Journée pour l'éclairage extérieur 2025

Une rétrospective

Retrouvez ici l’ensemble des résumés des interventions présentées lors de la Journée Romande pour l’Éclairage Extérieur 2025. Cette page vous permet d’accéder rapidement aux contenus essentiels de chaque orateur : approches techniques, retours d’expérience, innovations, stratégies communales et visions artistiques autour de l’éclairage nocturne.

Pour aller plus loin, les présentations complètes sont disponibles en téléchargement dans la Médiathèque SLG, accessible à nos membres.

Vidéo

Photo: Pierre Schoeffel Domotech | Orateur: Olivier Mettler (Vertical Master)
Photo: Pierre Schoeffel Domotech | Orateur: Olivier Mettler (Vertical Master)

Cartographie & modélisation 3D par drone

Olivier Mettler (Vertical Master)

Monsieur Olivier Mettler a présenté une ouverture remarquable sur les nouvelles possibilités offertes par la photogrammétrie et le LiDAR. Sa démonstration a mis en évidence le rôle désormais central des drones dans la compréhension et la modélisation des espaces extérieurs. Relevés ultra précis, modèles tridimensionnels détaillés, nuages de points à haute densité et intégration directe dans des outils tels que Dialux ou les plateformes BIM, l’ensemble constitue un changement majeur dans les pratiques de terrain.

Monsieur Mettler a montré comment ces technologies permettent aujourd’hui d’obtenir une représentation fidèle du site, qu’il s’agisse des façades, de la végétation, du mobilier urbain ou des variations de pente. Là où les méthodes traditionnelles atteignent rapidement leurs limites, les relevés aériens offrent une résolution pouvant descendre au demi centimètre, pour un coût maîtrisé et des opérations rapides.

Il a également rappelé l’importance du cadre réglementaire européen EASA, désormais appliqué en Suisse, et indiqué que la majorité des opérations en milieu urbain doivent faire l’objet d’une analyse de risque SORA. L’entreprise Vertical Master dispose d’une expertise solide dans ce domaine, avec plus de vingt analyses SORA réalisées et une première suisse en deux mille vingt cinq liée à des vols autonomes opérés via une station DJI Dock 2.

L’intervention de Monsieur Mettler a offert un aperçu captivant du potentiel actuel des drones et a clairement invité les participants à envisager de manière plus approfondie comment les modèles tridimensionnels peuvent transformer la planification de l’éclairage extérieur.

Évaluer l’éclairage extérieur avec un drone

Florian Stuker (METAS)

La présentation du Docteur Florian Stuker, de l’Institut fédéral de métrologie METAS, a plongé les participants dans ce qui pourrait devenir l’avenir de la mesure photométrique extérieure, des instruments embarqués sur drone capables d’évaluer la lumière dans l’espace tridimensionnel et non plus uniquement depuis le sol.

Partant du constat que la lumière se propage dans un volume alors que la majorité des mesures actuelles sont réalisées au niveau du sol, le Docteur Stuker a démontré l’intérêt d’élever les instruments dans les airs afin d’analyser plus précisément les flux lumineux, la lumière intrusive et la pollution lumineuse. .

Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Florian Stuker (METAS)
Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Florian Stuker (METAS)

Dans cette perspective, le drone devient un véritable laboratoire volant, offrant des trajectoires contrôlées, des points d’observation libres, une répétabilité élevée et des mesures multi angles, multi spectrales ou même temporelles

Le Docteur Stuker a présenté le projet METAS Drone, un programme ambitieux soutenu par le Fonds national suisse, METAS et le WSL. Ce projet vise à développer de nouveaux capteurs embarqués, à établir des méthodes de mesure dédiées et à définir des protocoles susceptibles d’être normalisés pour analyser la lumière dans toutes ses dimensions. Les premiers prototypes, tels qu’un illuminancemètre à large dynamique, des capteurs spectraux et des caméras XYZ, ont déjà été testés sur le terrain. Les résultats sont particulièrement prometteurs, avec un écart inférieur à un pour cent entre les mesures réelles et les simulations.

L’intervention du Docteur Stuker a offert un aperçu fascinant d’une métrologie de l’éclairage en pleine évolution, où le drone ne se limite plus à une observation aérienne, mais devient un outil scientifique capable de mesurer la lumière nocturne dans l’espace. Une approche qui pourrait transformer l’évaluation des installations d’éclairage, l’analyse de leur impact environnemental et la manière d’en contrôler la conformité à l’avenir.

Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Romain Chasseigne (LNE France)
Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Romain Chasseigne (LNE France)

Cartographie aérienne des nuisances lumineuses

Romain Chasseigne (LNE France)

Monsieur Romain Chasseigne, du Laboratoire national de métrologie et d’essais en France, a présenté une approche innovante fondée sur la photographie aérienne nocturne pour identifier, cartographier et analyser les nuisances lumineuses à l’échelle d’un territoire. Cette méthode permet d’observer immédiatement des phénomènes difficilement perceptibles depuis le sol, tels que les halos, les non uniformités, les points chauds, les variations de température de couleur ou encore les émissions dirigées vers le ciel.

Monsieur Chasseigne a rappelé le rôle central du LNE, responsable de l’élaboration de méthodes de mesure fiables et de l’évaluation de la conformité des produits aux réglementations françaises. Dans ce contexte, la cartographie aérienne constitue un outil stratégique pour les collectivités souhaitant mieux comprendre et gérer leur parc d’éclairage public.

Sa présentation a également offert un panorama clair du cadre réglementaire français, particulièrement exigeant en matière de flux lumineux, d’ULR, de température de couleur et de densité de lumière émise. Ces prescriptions renforcées incitent les territoires à documenter précisément leur paysage nocturne et à identifier les zones prioritaires d’intervention.

À partir d’images captées depuis un avion, Monsieur Chasseigne a montré les différentes étapes de traitement des données, orthorectification, mosaïques haute résolution de trente centimètres par pixel, fausses couleurs, classification thématique et détection automatique des points chauds. Les exemples issus de Paris et d’Amiens illustrent la puissance visuelle de ces ortholuminoplans, offrant une lecture immédiate des contrastes et des incohérences d’éclairage.

Il a conclu en présentant les développements en cours, notamment un nouvel outil métrologique embarqué capable de mesurer la luminance réelle et la colorimétrie depuis les airs, afin d’accroître la précision des diagnostics.

Une intervention particulièrement visuelle et pédagogique, qui démontre combien l’observation depuis le ciel peut transformer la compréhension d’un territoire et orienter efficacement les décisions en matière d’éclairage nocturne.

Arrêté français sur les nuisances lumineuses : retours d’expérience

Maxime Van Der Ham (SARESE / IFEP)

Monsieur Maxime Van Der Ham a présenté un retour d’expérience détaillé sur l’application de l’arrêté français du vingt sept décembre deux mille dix huit, devenu une référence européenne en matière de limitation des nuisances lumineuses. Monsieur Van Der Ham a rappelé l’historique du texte, marqué par quatre publications successives, plusieurs rectificatifs et une mise en œuvre parfois complexe, tout en expliquant comment cette réglementation, aujourd’hui pleinement obligatoire, a profondément modifié la conception des projets d’éclairage en France.

Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Maxime Van Der Ham (SARESE / IFEP)
Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Maxime Van Der Ham (SARESE / IFEP)

Il a présenté les cinq piliers structurants du dispositif.

  • Réduction drastique de la lumière envoyée vers le ciel, avec disparition des luminaires dépassant cinquante pour cent d’ULR dans toutes les zones.
  • Concentration stricte des faisceaux vers le bas, grâce à un contrôle rigoureux des émissions lumineuses.
  • Encadrement de la température de couleur, avec une référence généralisée à trois mille kelvins, voire deux mille sept cents kelvins selon certains programmes.
  • Limitation du flux lumineux émis, avec des plafonds réglementaires applicables à chaque projet.
  • Gestion temporelle obligatoire, généralisant les horaires d’allumage, d’extinction et de rallumage.

À l’aide d’exemples concrets, Monsieur Van Der Ham a illustré les transformations observées sur le terrain, notamment l’adoption de teintes plus chaudes, la généralisation des coupes flux et une meilleure prise en compte de la lumière intrusive. Il a également relevé une augmentation des puissances dans certains cas, conséquence d’approches qui ne tiennent pas suffisamment compte de la luminance.

Dans son bilan, Monsieur Van Der Ham souligne que si l’arrêté est désormais bien intégré pour le matériel et les installations neuves, son application demeure plus inégale pour les horaires et presque inexistante pour les mesures rétroactives. Les contrôles restent rares et les acteurs manquent encore de formation. Son verdict est sans ambiguïté, un texte perfectible mais structurant, non pas un argument commercial, mais un véritable référentiel obligatoire.

Une intervention pragmatique et sans détour, qui offre un retour d’expérience précieux pour les responsables suisses intéressés par la mise en œuvre d’un cadre réglementaire nettement plus contraignant.

Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Florian Greffier (Cerema)
Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Florian Greffier (Cerema)

Propriétés des surfaces et nouvelles géométries d’observation

Florian Greffier (Cerema)

Le Dr Florian Greffier (Cerema) a apporté un éclairage essentiel sur un aspect souvent sous-estimé de l’éclairage public, l’impact des surfaces et des conditions d’observation sur la performance réelle des installations. Il a rappelé que pour optimiser un projet, il ne suffit pas d’ajuster les luminaires. Il est indispensable de comprendre comment la lumière est réfléchie par les matériaux et surtout comment elle est perçue par les usagers.

Le Docteur Greffier a réaffirmé le rôle central de la luminance, véritable indicateur de visibilité et de confort, bien plus pertinent que les lux au sol. Les propriétés de réflexion des revêtements, très variables selon le matériau, la finition, l’état de surface ou le vieillissement, influencent fortement le résultat final. Ces écarts peuvent conduire à des variations importantes de luminance, à des risques de non-conformité ou à des installations surdimensionnées.

À travers plusieurs exemples concrets, le Docteur Greffier a montré qu’une rue classée en M4 peut exiger des puissances lumineuses très différentes selon le revêtement réel, avec des écarts pouvant atteindre 60%. Cette démonstration souligne les limites des valeurs standardisées et l’intérêt d’intégrer des mesures in situ pour améliorer la précision et la performance énergétique des projets.

Il a ensuite abordé un second point déterminant : les géométries d’observation. La norme actuelle repose sur une géométrie unique, pensée pour la conduite interurbaine. Or, les conditions d’observation changent totalement selon que l’usager est conducteur en ville, cycliste ou piéton. Les recherches menées par le Cerema, notamment à l’aide d’expérimentations en réalité virtuelle, démontrent que chaque catégorie observe la chaussée sous des angles différents.

De premiers travaux exploratoires ont avancé trois angles d’observation distincts :
• 1 degré pour les véhicules rapides (conforme à la géométrie standard)
• 3 degrés pour les conducteurs urbains et les cyclistes
• 5 degrés pour les piétons
Ces propositions doivent maintenant être consolidées par des expérimentations in situ.

Ces nouvelles géométries modifient la perception de la luminance, influencent les critères de qualité et peuvent même permettre de réduire les flux lumineux tout en améliorant la visibilité.

L’intervention du Docteur Greffier annonce des évolutions majeures dans les futures révisions normatives. Elle encourage une approche plus réaliste de l’éclairage public, fondée sur la perception humaine et sur les conditions réelles du terrain.

Fin des sources lumineuses et subventions pour installations sportives

Gregory Bartholdi (SLG)

Monsieur Gregory Bartholdi est revenu sur deux thèmes majeurs qui influenceront fortement les projets d’éclairage dans les prochaines années, la disparition progressive de nombreuses sources lumineuses et les aides financières disponibles pour les installations sportives.

Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Gregory Bartholdi (SLG)
Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Gregory Bartholdi (SLG)

Monsieur Bartholdi a d’abord présenté le calendrier actualisé des interdictions de sources lumineuses, désormais largement déterminé par l’OEEE, l’écoconception et la directive RoHS. Sont concernées les lampes fluorescentes, halogènes, à vapeur de sodium ou encore les lampes métalliques haute intensité, avec des échéances variables selon les puissances, les indices de rendu des couleurs et les technologies. Pour plusieurs de ces sources, la date limite approche ou est déjà dépassée, ce qui oblige les communes et les exploitants à anticiper leurs remplacements. Le message est clair, le marché va continuer de se restreindre et la planification devient indispensable pour assurer une transition vers des solutions efficaces et conformes.

La seconde partie de son intervention portait sur les dispositifs d’accompagnement, en particulier les subventions fédérales ProKilowatt et la plateforme Lightbank, qui permettent de financer l’assainissement des installations d’éclairage. Plus de huit cents projets ont déjà été soutenus, avec des économies d’énergie substantielles et des taux de subvention pouvant atteindre trente pour cent selon les gains réalisés. Monsieur Bartholdi a rappelé la procédure d’annonce, les documents nécessaires et l’importance de déclarer les projets avant toute décision d’achat.

Il a ensuite présenté le nouveau calculateur dédié aux terrains de sport, un outil permettant d’estimer rapidement le montant potentiel de la subvention. Les critères techniques exigés pour ces installations, notamment la gradation obligatoire, les optiques asymétriques, l’angle minimal des faisceaux et un ULOR inférieur à zéro virgule cinq pour cent, illustrent la volonté de réduire l’impact lumineux tout en garantissant des conditions de jeu optimales.

L’intervention de Monsieur Bartholdi a offert une vision très concrète, soulignant qu’entre la disparition programmée de nombreuses sources et les opportunités financières disponibles, la planification devient un enjeu central pour mener à bien les rénovations des années à venir.

Mesures d’efficacité électrique et éclairage public

Emmanuel Thony (EffEL / OFEN)

Monsieur Emmanuel Thony a présenté un volet encore peu connu mais potentiellement déterminant pour les communes, la possibilité d’intégrer l’éclairage public dans les mesures d’efficacité électrique imposées aux fournisseurs d’électricité. Avec les nouvelles obligations légales en vigueur, les distributeurs doivent désormais réaliser ou financer des mesures permettant de réduire la consommation nationale, ouvrant ainsi un nouveau gisement de financement pour les collectivités.

Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Emmanuel Thony (EffEL / OFEN)
Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Emmanuel Thony (EffEL / OFEN)

Monsieur Thony a expliqué que ce dispositif permet aux gestionnaires de réseau d'annoncer des mesures d'efficacité électrique chez les consommateurs finaux, et les communes en font pleinement partie. Le remplacement ou l’optimisation d’installations d’éclairage public devient une mesure d’efficacité reconnue, à condition de satisfaire des critères stricts, entre autres d'être mesurable, de mettre en place la meilleure technologie disponible et d'être mise en place de manière durable. 

Il a détaillé le cadre légal ainsi que les rôles de l’Office fédéral de l’énergie et du secrétariat EffEL, en rappelant les objectifs progressifs imposés aux fournisseurs, 1% d’efficacité en 2026 pour atteindre 2% à partir de 2028. Cette montée en puissance crée un nouveau marché parallèle à celui de la fourniture d’électricité, un marché où les mesures d’éclairage générant des économies démontrables deviennent une ressource recherchée.

Monsieur Thony a présenté les mesures standardisées existantes pour l’éclairage des routes et des terrains sportifs, avec leurs exigences techniques, les justificatifs nécessaires et les outils de calcul associés, notamment les protocoles d’économie, les méthodes de monitoring et le logiciel CalcuStreetLight. Pour les cas particuliers, des mesures non standardisées restent possibles après examen préalable par l’Office fédéral et protocole spécifique.

Il a conclu avec une vision claire du processus, mise en œuvre de la mesure par un professionnel, constitution des documents destinés à l’Office fédéral, éventuels échanges entre gestionnaires de réseau, puis annonce officielle. Une démarche rigoureuse, mais qui ouvre une opportunité concrète pour les communes souhaitant financer leurs assainissements.

Une présentation technique mais particulièrement utile, montrant comment l’éclairage public peut s’intégrer dans la stratégie nationale d’efficacité énergétique et comment les collectivités peuvent en tirer bénéfice.

Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: José Mettraux (Groupe E)
Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: José Mettraux (Groupe E)

Une nouvelle loi pour le canton de Fribourg

José Mettraux (Groupe E)

Monsieur José Mettraux a présenté les implications très concrètes de la nouvelle loi cantonale fribourgeoise sur l’énergie, qui impose l’extinction complète ou dynamique de l’éclairage public entre minuit et cinq heures du matin. Il s’agit d’un changement majeur pour les communes, qui doivent appliquer ces mesures d’ici la fin de l’année deux mille vingt huit, sauf exception dûment justifiée.

Monsieur Mettraux a d’abord rappelé le contexte, notamment la hausse des coûts énergétiques, les décisions politiques prises lors de la crise de deux mille vingt deux et la situation particulière des passages piétons, qui doivent rester correctement éclairés même sur des tronçons non équipés en continu. Cet aspect est particulièrement sensible dans un canton composé de nombreuses petites communes aux infrastructures très hétérogènes.

Il a ensuite détaillé les solutions techniques permettant de mettre en œuvre l’extinction nocturne. La première repose sur le pilotage par le réseau électrique, via une télécommande centralisée à quatre cent soixante quinze hertz. Les ordres d’allumage et d’extinction sont envoyés depuis le centre de conduite de Groupe E vers l’ensemble du réseau, ce qui garantit une coupure uniforme, par exemple de minuit à cinq heures ou de vingt trois heures trente à cinq heures trente. Cette solution ne nécessite aucun remplacement de luminaires, mais elle ne permet ni retour d’information ni flexibilité dans la programmation.

La seconde approche est celle de la télégestion, plus moderne et plus précise. Elle offre un retour d’état luminaire par luminaire, des profils horaires différenciés, une gestion dynamique, des mesures de consommation et des commandes individualisées. Elle requiert cependant le remplacement ou l’adaptation d’une partie du parc et représente un investissement initial plus important. À l’échelle du canton, environ vingt cinq pour cent des installations sont déjà équipées en télégestion, contre quinze pour cent pilotées via le réseau.

L’intervention de Monsieur Mettraux a également mis en évidence les progrès technologiques réalisés ces dernières années, notamment la réduction de la consommation par un facteur dix grâce au passage aux LED, un progrès qui permet aujourd’hui d’envisager des stratégies de pilotage plus ambitieuses.

Il a conclu en présentant une synthèse claire des deux approches. Le pilotage par réseau constitue une solution simple, économique et suffisante légalement, mais rigide. La télégestion offre une flexibilité et une précision nettement supérieures, mais à un coût plus élevé.

Une intervention très opérationnelle, qui montre comment un cadre légal ambitieux peut se traduire en choix techniques concrets, avec des effets immédiats sur l’organisation et la gestion des réseaux d’éclairage communaux.

Adapter l’éclairage public aux nouveaux cadres législatifs

Jérôme Mayer (Ville de Fribourg)

Monsieur Jérôme Mayer a présenté la manière dont la Ville de Fribourg adapte sa politique d’éclairage aux nouvelles exigences cantonales, tout en s’appuyant sur son plan lumière deux mille vingt et un, déjà particulièrement structuré. Ce plan repose sur une sectorisation fine du territoire, chaque quartier disposant de sa propre politique d’éclairage, définie en fonction de ses usages, qu’il s’agisse du patrimoine, de la biodiversité, de la mobilité, de la vie nocturne, de l’énergie, des commerces ou de la sécurité.

Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Jérôme Mayer (Ville de Fribourg)
Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Jérôme Mayer (Ville de Fribourg)

Monsieur Mayer a rappelé que ce plan lumière fixe des préconisations détaillées portant notamment sur les typologies d’éclairage, les couleurs de lumière, les niveaux lumineux, les temporalités, le pilotage et le matériel. Avant leur déploiement, ces orientations ont été testées in situ au moyen d’expérimentations grandeur nature, accompagnées d’un sondage auprès des habitants. Les retours, largement positifs, ont permis de confirmer la pertinence de la stratégie.

L’entrée en vigueur de la nouvelle loi cantonale fribourgeoise de deux mille vingt trois, qui impose une extinction nocturne complète ou dynamique entre minuit et cinq heures, a toutefois nécessité une révision ciblée du plan lumière. Certaines zones se prêtent aisément à une extinction totale, en particulier les secteurs naturels ou les quartiers résidentiels calmes. D’autres situations sont en revanche plus complexes, comme les zones historiquement éclairées, les quartiers urbains actifs tard le soir, les axes primaires très fréquentés, les secteurs comportant de nombreux passages piétons ou les périmètres soumis à des horaires étendus des transports publics.

Pour ces cas, la Ville a élaboré un dossier global de demande de dérogation, fondé sur une analyse détaillée des points lumineux et appuyé par le Système d’information du territoire. Les zones concernées sont justifiées selon des critères précis, notamment la fréquentation, les enjeux de sécurité, la présence de passages piétons, la vie nocturne ou les contraintes de mobilité.

L’objectif final demeure clair, garantir une conformité complète d’ici la fin de l’année deux mille vingt huit tout en préservant l’esprit du plan lumière, c’est-à-dire proposer un éclairage sobre, cohérent, adapté aux usages et respectueux du paysage nocturne.

L’intervention de Monsieur Mayer, très structurée, illustre la difficulté de concilier exigences légales, besoins réels du terrain et cohérence globale d’une stratégie lumière à l’échelle d’une ville.

Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Davide Oppizzi (DCUBE Swiss)
Photo: Pierre Schoeffel | Orateur: Davide Oppizzi (DCUBE Swiss)

Greentech design et intégration dans le paysage

Davide Oppizzi (DCUBE Swiss)

Monsieur Davide Oppizzi a proposé une intervention d’un tout autre registre, résolument orientée vers le design, la biodiversité et l’intégration douce des objets lumineux dans le paysage. Sa démarche, qu’il qualifie de greentech design, repose sur un principe fort : la technologie doit s’effacer derrière le vivant et contribuer à rétablir un équilibre entre l’être humain et l’écosystème.

Monsieur Oppizzi a d’abord exposé sa vision, qui consiste à passer d’un ego-système centré sur les besoins humains à un éco-système où la faune, la flore et le sol deviennent les références premières. Les images qu’il a présentées rappellent qu’un simple mètre cube de terre abrite une vie d’une grande complexité et d’une grande fragilité, que les infrastructures lumineuses doivent impérativement respecter.

L’un des points marquants de son intervention réside dans les exemples concrets de design intégrant réellement la biodiversité. Monsieur Oppizzi a notamment présenté le Needoo, un luminaire conçu comme un refuge pour les oiseaux et développé en collaboration avec Artemide et Birdlife pour l'expertise scientifique. Nichoir intégré, optiques étudiées pour réduire l’impact spectral, matériaux naturels et formes inspirées du biomimétisme, ce projet illustre de manière exemplaire la possibilité de concilier lumière, biodiversité et esthétique.

Il a ensuite montré comment cette philosophie s’étend jusqu’au développement de panneaux solaires artistiques, de totems lumineux autonomes ou encore de mobiliers urbains combinant énergie, lumière et intégration paysagère. Le fil conducteur repose sur une méthodologie créative rigoureuse : partir du vivant, concevoir un objet respectueux et aboutir à une solution technique manufacturée localement.

L’intervention de Monsieur Oppizzi a apporté une dimension inspirante à la journée, en proposant une vision où l’éclairage public ne se limite pas à être conforme et performant, mais devient également un objet culturel, écologique et émotionnel, capable de dialoguer avec le paysage et d’enrichir l’environnement nocturne.

Dessiner la lumière : un geste sur mesure pour Saint-François

Marc Aurel (Aurel Design Urbain)

Monsieur Marc Aurel a offert une parenthèse artistique en démontrant comment le design lumière peut transformer un espace public tout en respectant son identité. Son travail, mené entre Cassis et Paris, repose sur une conviction forte, dessiner la lumière revient à dessiner la ville.

Photo: Pierre Schöffel | Orateur: Marc Aurel (Aurel Design Urbain)
Photo: Pierre Schöffel | Orateur: Marc Aurel (Aurel Design Urbain)

Monsieur Aurel a présenté plusieurs projets emblématiques réalisés en Suisse romande, notamment sur des sites à forte valeur patrimoniale tels que le Grand Pont et la place Saint François à Lausanne, ainsi que l’Avenue de la Gare à Sion. À travers croquis, modèles, essais et archives visuelles, il a illustré la manière dont un luminaire peut s’inscrire dans une histoire, un paysage et une mémoire collective.

Son processus créatif apparaît dans les doubles pages où esquisses et réalisations se répondent, dessins expressifs d’un côté, luminaires installés dans la ville de l’autre. Le résultat est un mobilier lumineux évoquant la maîtrise artisanale, la délicatesse du geste et un rapport sensible à la matière, comme le montrent les formes ramifiées et les globes transparents développés pour Lausanne.

Monsieur Aurel a également montré l’importance de la cohérence urbaine, un luminaire ne doit pas simplement éclairer, il doit dialoguer avec l’architecture, la végétation et les usages quotidiens. Pour Sion, il a imaginé des lignes épurées qui accompagnent la perspective de l’avenue, valorisent les arbres et structurent les zones de mobilité douce de jour comme de nuit. Les images de synthèse présentées donnent à voir un environnement apaisé où la lumière soutient l’ambiance sans la dominer.

Son intervention a rappelé que la qualité d’un projet d’éclairage ne se mesure pas uniquement en lux ou en luminance, mais aussi dans la relation émotionnelle qu’il crée avec l’espace public. Une lumière pensée comme un geste sur mesure, capable de sublimer le patrimoine, d’accompagner la vie urbaine et de renforcer la poésie du paysage nocturne.