Séminaire & Afterwork - Nouvelle SNR 19900 et SNG 19910

Retour sur la conférence et questions clés autour des responsabilités

Séminaire & Afterwork SLG – Éclairage de secours 

Le 4 février 2026, l’Association Suisse pour l’Éclairage (SLG) a organisé un séminaire de fin de journée suivi d’un afterwork consacré à la nouvelle règle suisse SNR 19900 et au guide SNG 19910, récemment publiés ou en cours de publication. 

Cette rencontre avait pour objectif d’expliquer les raisons du passage du "Papier état de la technique" SLG à une règle technique suisse officielle, d’en présenter les principales nouveautés et d’ouvrir la discussion sur les impacts concrets pour les professionnels de la planification, de l’installation, de l’exploitation et du contrôle des installations d’éclairage de secours. 

La conférence a été animée par Markus Christen, président du groupe spécialisé « Éclairage de secours », et Gregory Bartholdi, secrétaire général adjoint de la SLG.


SNR SNG
SNR SNG

Un cadre en mutation : pourquoi une nouvelle règle suisse ?

Ces dernières années ont été marquées par plusieurs évolutions majeures :

  • la révision simultanée des normes européennes EN 1838:2024 (exigences photométriques) et EN 50172:2024 (systèmes, exploitation et documentation), 
  • la nécessité d’harmoniser ces exigences avec le cadre juridique suisse, 
  • la révision annoncée, puis suspendue, des Prescriptions suisses de protection incendie (PPI 2026).

Jusqu’ici, le Papier état de la technique SLG jouait le rôle de référence technique nationale. Bien que reconnu dans la pratique, il restait faiblement ancré dans la hiérarchie normative et difficilement opposable. 

La SNR 19900 répond à cette lacune. Elle constitue désormais une règle technique suisse officielle, appelée à devenir à terme une norme SN, définissant clairement ce que l’on entend par éclairage de secours en Suisse, en complément des normes européennes.

SNR 19900 et SNG 19910 : deux documents, deux rôles distincts

Gregory Bartholdi (SLG)

Un point essentiel abordé durant la conférence concerne la séparation volontaire entre règle et guide :

SNR 19900 
Elle définit les exigences techniques applicables et indique comment faire, lorsque l’éclairage de secours est requis.

Photo: SLG | Orateur: Gregory Bartholdi
Photo: SLG | Orateur: Gregory Bartholdi

SNG 19910
Elle fournit des explications, interprétations pratiques, exemples et bonnes pratiques, et aide à comprendre comment appliquer la SNR dans des situations concrètes.

Cette distinction permet de conserver une règle claire et concise, tout en offrant aux professionnels un outil d’aide à l’interprétation adapté à la réalité du terrain.

Principales évolutions techniques présentées

La conférence a mis en évidence plusieurs changements et clarifications importantes, parmi lesquels : 

Une hiérarchisation plus lisible des notions :

  • éclairage de secours,
  • éclairage de sécurité, 
  • éclairage de surface (anciennement anti-panique), 
  • éclairage des voies d’évacuation, nouvelle notion d’éclairage local. 

l’introduction formalisée de l’éclairage local, destiné aux zones sécurisées où des personnes peuvent rester temporairement en cas de panne de courant ou d’évacuation difficile (EMS, hôpitaux, zones d’attente), sur la base d’une évaluation des risques. 

des précisions concernant : 

  • les hauteurs et surfaces de mesure, 
  • les facteurs de maintenance,
  • les exigences applicables aux toilettes publiques, vestiaires sans fenêtre, WC accessibles et locaux spécifiques.

une harmonisation de la terminologie (signaux de sortie de secours, luminaires à pictogramme, etc.).

Photo:SLG | Orateur: Markus Christen (Zumtobel AG)
Photo:SLG | Orateur: Markus Christen (Zumtobel AG)

Du projet à l’exploitation : clarification du cycle de vie

Markus Christen (Zumtobel AG)

La SNR 19900 structure clairement le cycle de vie d’une installation d’éclairage de secours, depuis la planification jusqu’à l’exploitation :

  • planification, 
  • réalisation,
  • réception,
  • exploitation.

Elle précise également les attentes en matière de :

  • documentation,
  • journal de bord,
  • contrôles initiaux,
  • contrôles périodiques.

L’objectif n’est pas d’alourdir les procédures, mais de rendre visibles les responsabilités et les étapes clés, là où les pratiques étaient jusqu’ici très hétérogènes avec le Papier état de la technique SLG.

Les questions débattues : la responsabilité au cœur des échanges

La deuxième partie de la soirée a donné lieu à un échange approfondi autour d’un sujet récurrent et sensible : la responsabilité des différents acteurs.

Obligation de résultat vs obligation de moyens

Le débat a notamment mis en lumière une réalité bien connue du terrain :

  • l’installateur / électricien, lié par un contrat d’entreprise, a une obligation de résultat. Il réalise l’installation, signe les documents de réception et se retrouve, en cas de litige, en première ligne sur le plan juridique.
  • le planificateur / ingénieur / éclairagiste, lié par un contrat de mandat, a une obligation de moyens. Il doit agir selon l’état reconnu de la technique, mais ne garantit pas le résultat final.

Cette dissymétrie crée une tension bien connue : même lorsqu’un installateur applique fidèlement une planification ou un concept feu incomplet, il peut rester juridiquement exposé.

Le rôle du responsable protection incendie (RAQ)

Les échanges ont également porté sur le rôle du responsable assurance qualité / protection incendie (RAQ), notamment : 

  • la validation de concepts,
  • des différences cantonales marquées, 
  • des niveaux de contrôle variables selon les projets.
Photo: SLG
Photo: SLG

Dans la pratique, un concept validé n’est pas toujours synonyme d’un concept techniquement robuste, en particulier en matière d’éclairage de secours et de sécurité au travail.

Ce que la SNR clarifie… et ce qu’elle ne clarifie pas

Un point a été clairement posé durant la discussion : 

  • la SNR 19900 ne modifie pas le droit des contrats, 
  • elle ne transforme pas un mandat en contrat d’entreprise, 
  • elle ne redistribue pas les responsabilités juridiques. 

En revanche, elle apporte un élément essentiel :
un référentiel technique clair, reconnu et opposable, qui remplace désormais le rôle historique du Papier état de la technique SLG. 

En cas de désaccord, d’expertise ou de procédure, la question n’est plus seulement « est-ce que c’était clair ? », mais « l’état reconnu de la technique a-t-il été respecté ? ».

Photo: SLG
Photo: SLG

Mesures d’éclairage : concilier exigence et praticabilité

Un autre thème largement discuté concerne les mesures d’éclairage de secours. Ce point ne relève pas directement du groupe « Éclairage de secours », mais du groupe spécialisé technique de mesure de la lumière de la SLG, qui a réalisé un travail important ces dernières années.

Ce groupe spécialisé a notamment mis à jour la directive SLG 502 en 2024, avec un objectif clair :

  • simplifier les méthodes de mesure,
  • tout en les rendant reproductibles, crédibles et techniquement défendables.

Le défi était ma jeur. Les méthodes strictement normatives, bien que théoriquement justes, sont souvent peu applicables sur le terrain. À l’inverse, des mesures trop simplifiées perdent rapidement leur valeur technique et leur crédibilité, notamment en cas de contrôle, d’expertise ou de litige.

Les solutions retenues, telles que les mesures simplifiées et les mesures par points d’appui, visent donc un équilibre assumé entre :

  • exigence technique,
  • faisabilité pratique,
  • cohérence des résultats dans le temps.

Il a toutefois été relevé durant la discussion que, malgré ce travail de simplification, certaines personnes dans le plénum jugent encore les mesures complexes ou contraignantes. Ce constat illustre la difficulté du sujet : garantir des mesures sérieuses et comparables implique nécessairement un minimum de méthode et de rigueur.

L’objectif poursuivi par la SLG n’est pas de complexifier inutilement les contrôles, mais de proposer des méthodes de mesure pertinentes, applicables et défendables, contribuant réellement à la qualité et à la sécurité des installations.

Perspectives et prochaines étapes

Pour conclure, plusieurs perspectives ont été évoquées : 

  • la SNR 19900 est d’ores et déjà disponible via la SNV, 
  • la publication de la SNG 19910 en français est attendue, 
  • le Papier état de la technique SLG ne sera plus mis à jour et sera progressivement retiré, 
  • la SLG prévoit un séminaire dédié en septembre 2026, 
  • à plus long terme, une formation certifiante axée sur les réceptions, les contrôles, les mesures et les processus est envisagée.
Photo: SLG
Photo: SLG

En résumé

La conférence a mis en évidence que la SNR 19900 ne représente pas un simple changement de terminologie ou de format, mais bien une évolution structurelle majeure dans la manière d’aborder l’éclairage de secours en Suisse. 

Le passage du "Papier état de la technique SLG" à une règle technique suisse officielle marque une étape importante. Il permet de disposer d’un référentiel clair, reconnu et opposable, mieux intégré dans la hiérarchie normative et plus cohérent avec le cadre juridique suisse. Cette évolution vise à réduire les zones d’interprétation, à renforcer la sécurité juridique et à offrir une base technique solide en cas de contrôle, d’expertise ou de litige. 

Conçue pour refléter la réalité du terrain, la SNR 19900 tient compte des contraintes pratiques des projets tout en maintenant un niveau d’exigence technique élevé. Associée au guide SNG 19910 et aux travaux des autres groupes spécialisés de la SLG, elle contribue à clarifier les rôles, les processus et les attentes tout au long du cycle de vie des installations. 

En définitive, cette nouvelle approche soutient les professionnels dans leurs responsabilités quotidiennes et constitue une base essentielle pour des installations d’éclairage de secours plus cohérentes, plus crédibles et plus durables en Suisse.